Facteurs de risques

cancer prostate


Les causes du cancer de la prostate ne sont pas encore bien comprises mais certaines études ont identifié divers facteurs de risque du cancer de la prostate dont voici un aperçu.


Âge

Le cancer de la prostate est plus fréquent chez les hommes âgés. Même si le cancer de la prostate a déjà été diagnostiqué chez des hommes dans la quarantaine, il est plus répandu chez ceux qui ont plus de 65 ans. En fait, chaque année, plus de 75 % des hommes qui recevront un diagnostic de cancer de la prostate auront plus de 65 ans.

Origine ethnique

D’après les recherches, le cancer de la prostate pourrait être plus répandu chez certains groupes ethniques. Par exemple, les études ont démontré que le cancer de la prostate est plus courant chez les hommes d’origine africaine, comparativement aux hommes de race blanche, tandis que les populations d’origine asiatique et autochtone auraient les plus bas taux de cancer de la prostate.

Antécédents familiaux

Des études ont démontré avec constance l’existence d’un risque accru du cancer de la prostate chez les fils et les frères d’hommes ayant reçu un diagnostic de cancer de la prostate. En fait, l’homme ayant un proche parent touché par le cancer de la prostate (ex. : frère ou père) a deux fois plus de risque d’avoir le cancer de la prostate qu’un autre homme sans antécédents familiaux. Le risque peut encore augmenter si plus d’un membre de la famille a reçu un diagnostic de cancer de la prostate ou si le diagnostic a été établi chez un homme relativement jeune (ex. : homme de moins de 60 ans).

Comme chaque famille est différente, il faut procéder à une évaluation génétique de la vôtre pour déterminer quels sont vos risques d’avoir un cancer de la prostate. En outre, une évaluation génétique pourra aussi déterminer si votre famille est touchée par un cancer de la prostate de type héréditaire ou par une autre forme de cancer de type héréditaire, c’est-à-dire transmis d’une génération à l’autre. Pour en savoir davantage sur le cancer de la prostate de type héréditaire ou pour savoir à qui vous adresser pour avoir une évaluation génétique, veuillez consulter la section sur les facteurs de risque héréditaires.

Régime alimentaire

Selon certaines recherches, le régime alimentaire peut figurer parmi les facteurs de risque du cancer de la prostate. Ces conclusions sont tirées d’études portant sur les immigrants d’origine asiatique : en une génération, on a constaté chez ces hommes trois fois plus de diagnostics du cancer de la prostate. Cette augmentation de la fréquence du cancer de la prostate a été principalement attribuée aux changements du régime alimentaire des Asiatiques suite à leur immigration en Amérique du Nord.

En outre, diverses autres études portant sur l’association entre le régime alimentaire et le risque de cancer de la prostate ont démontré qu’un régime à haute teneur en gras peut faire augmenter le risque de cancer de la prostate.

Pour en savoir davantage sur le rôle des choix et des suppléments alimentaires dans un contexte de prévention du cancer de la prostate, veuillez consulter notre section sur la nutrition.

Hérédité

Le cancer de la prostate de type héréditaire désigne les formes de cancer qui semblent être courantes dans certaines familles où l‘on soupçonne que certaines modifications de gènes particuliers, transmis d’une génération à l’autre, pourraient jouer un rôle important. (Les gènes sont les instructions figurant dans toutes les cellules du corps. Elles expliquent à ce dernier comment grandir et se développer.)

On estime qu’une famille présente des risques de cancer de la prostate héréditaire quand les critères suivants sont réunis :

  • au moins trois membres de la famille immédiate (ex. : père ou frères) ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate;
  • un cancer de la prostate a été diagnostiqué dans trois générations d’un côté de la famille ou de l’autre (mère ou père);
  • deux membres de la famille ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate à l’âge de 55 ans ou avant.

On évalue qu’environ 5 % à 10 % de tous les cas pourraient être classés dans la catégorie du cancer de la prostate de type héréditaire.

Ma famille pourrait-elle être touchée par une forme de cancer de type héréditaire sans répondre à ces critères?
Oui. Dans certaines familles qui ne répondent pas aux critères énumérés ci-dessus, on constate que le cancer reste fréquent. Par exemple, dans quelques cas, on remarque des antécédents familiaux de cancer de la prostate avec d’autres types de cancer, notamment cancer du sein ou cancer ovarien, parfois associés à d’autres types de cancers de type héréditaire. Les généticiens qui travaillent dans les cliniques d’oncologie peuvent évaluer quelles sont les probabilités pour votre famille d’avoir été touchée par une forme héréditaire de cancer.

Que faire si notre famille est touchée par une forme héréditaire du cancer de la prostate?
Soulignons que si votre famille semble être touchée par une forme héréditaire de cancer de la prostate, cela ne signifie pas que vous aurez vous-même ce type de cancer. C’est tout simplement que vous avez des probabilités accrues d’être touché par le cancer de la prostate, comparativement aux hommes en général. Comme chaque famille est différente, il faudra procéder à une évaluation génétique de vos antécédents familiaux pour déterminer quels sont vos risques personnels de cancer de la prostate.

Si l’évaluation signale que vous avez des risques accrus de cancer de la prostate, vous pourrez en discuter avec votre médecin, pour voir quelles sont les mesures de surveillance à prendre. Le médecin peut notamment :

  • procéder à un examen rectal;
  • procéder à un test sanguin pour déceler l’antigène spécifique de la prostate (APS).

Dans les familles touchées par le cancer de la prostate de type héréditaire, certains hommes bénéficieront de mesures de surveillance du cancer de la prostate à un âge moins avancé, dans l’espoir d’en arriver à un diagnostic et à un traitement anticipés du cancer. Vous pourrez aussi discuter avec votre médecin du rôle du régime alimentaire dans l’apparition et la prévention du cancer.

Si ma famille est touchée par le cancer de la prostate de type héréditaire, existe-t-il des tests génétiques?
Ces tests génétiques porteraient sur l’analyse des modifications d’un gène particulier associé aux cancers de type héréditaires. Dans la plupart des cas, nous sommes dans l’incapacité d’offrir des tests génétiques pour le cancer de la prostate car les gènes qui interviennent n’ont pas encore été mis en évidence. Les recherches se poursuivent pour repérer ces gènes et les analyses génétiques pourraient donc être offertes aux familles éventuellement.


Autres facteurs et marqueurs de risque

Les chercheurs se sont penchés sur divers facteurs d’ordre médical ou associés au mode de vie, qui pourraient constituer des facteurs de risque ou des marqueurs de risque. Voici une description de ces autres facteurs :

Néoplasie intra-épithéliale prostatique (PIN)

La néoplasie intra-épithéliale prostatique ou PIN est un type de prolifération cellulaire précancéreuse qui peut parfois se transformer en cancer de la prostate. La PIN se divise en deux catégories : degré faible et degré élevé. La PIN de degré élevé peut représenter un stade intermédiaire entre une tumeur bénigne et une tumeur maligne. Les hommes ayant reçu un diagnostic de PIN après une biopsie de la prostate pourraient connaître un risque plus élevé de cancer de la prostate. C’est pourquoi ils doivent faire l’objet d’un suivi étroit visant le dépistage du cancer de la prostate.

Niveau sanguin élevé d’antigène spécifique de la prostate (APS)

Le test sanguin d’APS sert aussi de dépistage du cancer de la prostate. Un niveau élevé d’APS peut servir de marqueur de risque du cancer de la prostate. Pour en savoir davantage sur ce test, consultez la section APS.

Hypertrophie bénigne de la prostate (HBP)

L’HBP correspond à une prolifération anormale, mais bénigne (non cancéreuse), des cellules de la prostate. L’HBP provoque une augmentation du volume de la prostate, qui touche la plupart des hommes avec le vieillissement. Pour l’instant, les chercheurs estiment que l’HBP n’entraîne pas le cancer ni de risque plus élevé de cancer de la prostate. Pour en savoir davantage, veuillez consulter la section sur les maladies de la prostate.

Tabagisme

Les chercheurs sont parvenus à des conclusions contradictoires touchant les risques accrus de cancer de la prostate associés à l’usage du tabac. Il faudra poursuivre les études pour mieux comprendre les associations éventuelles entre le tabagisme et le risque de cancer de la prostate.<

Alcool

Comme pour le tabagisme, les conclusions demeurent contradictoires en ce qui concerne l’accroissement des risques de cancer de la prostate liés à la consommation d’alcool.

Profession

Aucun lien direct n’a pu être établi entre le cancer de la prostate et certaines professions.

 

Dans l’ensemble, les études tendent à démontrer que les facteurs génétiques et environnementaux pourraient jouer un rôle important dans le développement du cancer de la prostate. Ils pourraient également servir à repérer les hommes dont les risques de cancer de la prostate sont plus élevés que la moyenne.Si vous vous inquiétez de l’influence de certains de ces facteurs de risque sur votre propre état de santé, discutez-en avec votre médecin de famille. Vous pourrez aussi aborder la question des modalités de surveillance du cancer de la prostate et de la date à laquelle il faudra envisager d’entreprendre les tests.