Devrais-je subir le test d’APS?

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Trois médecins donnent leur avis

Août 2015 

Récemment, des voix s’élèvent afin de remettre en question la pertinence de procéder à un test d’APS (antigène prostatique spécifique, PSA en anglais) afin de détecter les cancers de la prostate. Ceci engendre une certaine confusion chez les hommes à l’égard du bien fondé de demander à leur médecin de procéder à ce test de dépistage. Trois médecins spécialistes de la question vous donnent aujourd’hui leur avis quant à la pertinence de ce test :

 

Q. Le test d’APS est-il toujours pertinent et à quel âge un homme devrait-il s’y soumettre?

R. Le test d’APS est le meilleur test disponible à l’heure actuelle pour détecter le cancer de la prostate, mais il n’est pas parfait. Ce test de détection nous permet de dépister le cancer de la prostate à un stade précoce et de prévenir des décès causés par ce cancer, mais il ne peut être utilisé seul afin de déterminer qui traiter, quand traiter ou comment traiter les patients contre cette maladie.

La controverse entourant ce test ne vient pas du test d’APS en soi, mais plutôt de la façon dont sont utilisés les résultats. Le cancer de la prostate est très répandu, mais ne nécessite pas toujours de traitement dans les cas où le cancer est petit et non agressif, ou encore si le patient n’est pas dans une forme physique lui permettant de subir ce traitement.

Tester tous les hommes pour le cancer de la prostate sans prendre en compte leur âge ou leurs antécédents n’a aucun sens. Ce test présente de grandes nuances d’interprétation dans les résultats et dans la manière d’agir par la suite. Parfois, un test n’est pas nécessaire, par exemple dans les cas où il est impossible de traiter le cancer de la prostate d’un individu d’âge avancé et par ailleurs atteint d’autres maladies graves. En effet, procéder à un test d’APS dans un tel cas serait alors inutile.

Au moment de l’apparition du test d’APS à la fin des années 1980, les chercheurs n’avaient pas les connaissances qu’ils ont maintenant en regard des actions à poser en fonction des résultats obtenus. De nos jours, le test est utilisé de façon beaucoup plus judicieuse, ce qui fait qu’il est beaucoup plus rare que le cancer de la prostate soit découvert à un niveau d’avancement critique. Ceci est en soi une indication claire que le test d’APS est utilisé de manière appropriée. Bien que la plupart de patients atteints du cancer de la prostate suivent des traitements à cet égard, un nombre croissant de patients diagnostiqués avec ce cancer font l’objet d’un suivi médical sans subir de traitement médical actif.

Nous vous recommandons, minimalement, de parler avec votre médecin au sujet de la pertinence pour vous de passer un test d’APS et un toucher rectal si vous avez plus de 50 ans. Il serait également souhaitable de considérer passer ces tests dès l’âge de 40 ans si vous avez des antécédents familiaux de cancer de la prostate.

 

Armen G. Aprikian M.D., FRCSC : Urologue au CUSM, Directeur du département d’urologie, Directeur par intérim du département d’oncologie, Professeur, division de l’urologie au CUSM, Chef du comité de la Biobanque PROCURE du cancer de la prostate au Québec

Fred Saad M.D. FRCSC : Onco-Urologue au CHUM, Professeur titulaire, Département de chirurgie à l’UdeM, Directeur médical, regroupement interdisciplinaire d’urologie oncologique au CHUM, Titulaire de la Chaire en cancer de la prostate de l’Université de Montréal, Chef de l’Unité d’urologie oncologie au CHUM.

Luc Valiquette M.D. FRCSC : Urologue au CHUM, Professeur titulaire et Directeur du département de chirurgie à l’Université de Montréal et Président du Comité consultatif clinique de PROCURE »

Ces trois médecins sont également membres du Conseil d’administration de PROCURE.