Cancer avancé

Un couple enlacé qui écoute le médecin annoncer une récidive de cancer

Vue d’ensemble

Le terme « cancer avancé de la prostate » ne décrit pas qu’un seul type de maladie, mais plusieurs. Il peut s’agir d’un des cancers de la prostate suivants.

Un cancer localement avancé – Lorsqu’il a commencé à s’étendre au-delà de la prostate sans toutefois allez trop loin. Il peut avoir à peine dépassé les frontières de la capsule, mais il peut aussi avoir atteint des tissus voisins, comme la vessie, le sphincter externe et le rectum.

Un cancer qui récidive – Lorsqu’il réapparaît après un traitement initial (chirurgie, radiothérapie/curiethérapie) avec ou sans métastases.

Un cancer avec métastases – Lorsqu’il s’est propagé vers d’autres régions du corps, éloignées de la prostate. Le plus souvent, les métastases d’origine prostatique s’établissent dans les ganglions lymphatiques pelviens et les os.

Un cancer résistant à la castration ou CPRC – Lorsqu’il continue à progresser malgré l’hormonothérapie.

Certains de ces cancers peuvent être traités à visée curative. D’autres seront contrôlés; les divers traitements qui existent peuvent réussir à maîtriser l’évolution du votre cancer pendant plusieurs années. En présence de métastases, ils peuvent réduire vos symptômes et palier à la douleur. Pour les cancers qui ne peuvent être guéris, les spécialistes s’entendent de plus en plus sur la notion de maladie chronique grâce aux avancées en recherche et à l’émergence de nouvelles molécules, entre autres.

L’objectif du traitement

Le traitement choisi dépendra du type de cancer avancé et visera à le guérir ou à freiner sa progression à long terme. Le choix de ce traitement dépendra de divers facteurs:

  • Votre âge et votre espérance de vie
  • Votre score de Gleason, votre stade et votre taux d’APS
  • Vos traitements déjà reçus
  • Le siège de votre récidive, si c’est le cas
  • L’existence de maladies, telles que les maladies cardiovasculaires ou le diabète
  • Vos symptômes
  • Vos préférences personnelles

Cancer localement avancé

Un cancer de la prostate localement avancé n’est pas synonyme de métastases. Il se définit comme un cancer qui a commencé à s’étendre au-delà de la prostate sans toutefois allez trop loin. Il peut avoir à peine dépassé les frontières de la prostate (la capsule), mais il peut aussi toucher les régions voisines de celle-ci (vésicules séminales, vessie, rectum, paroi pelvienne). Le choix du traitement optimal dépendra de l’étendue de votre cancer, de son risque de progression, de votre taux d’APS, de votre âge et santé en général; il peut inclure:

La radiothérapie – On utilise souvent la radiothérapie pour traiter le cancer de la prostate localement avancé. Elle est habituellement administrée en association avec de l’hormonothérapie.

L’hormonothérapie – Elle peut être offerte avant, pendant ou après la radiothérapie. Elle peut être employée seule, comme traitement principal, si vous ne pouvez pas recevoir de radiothérapie ni subir de chirurgie.

La chirurgie – Dans de rares cas, selon l’étendue et le risque de progression de votre cancer, de même que votre espérance de vie, la prostatectomie radicale couplée à un curage ganglionnaire étendu pourrait être considérée comme une alternative à l’hormono-radiothérapie.

Ce qu’il faut savoir

Il y a parmi les cancers de la prostate localement avancés pour lesquels la prostatectomie radicale ou la radiothérapie seule ne suffisent pas, car le médecin est certain que le cancer s’étend en dehors de votre prostate.

Ainsi, les cancers de stade T3+ (le cancer a débordé la capsule de la prostate) et T4 (la tumeur a atteint des tissus voisins, comme la vessie, le sphincter externe et le rectum) ne sont plus limités à votre prostate, même si l’on ne décèle pas de métastases, comme le confirment la scintigraphie osseuse et les autres examens diagnostiques.

Dans de tels cas, l’hormonothérapie est souvent indiquée comme complément à la radiothérapie. Il faut noter qu’en général la radiothérapie est pratiquée pour les stades T3+ et T4, car ces stades sont trop avancés pour qu’on utilise la chirurgie.

  • L’hormonothérapie sera prescrite en association avec la radiothérapie pendant une durée limitée dans le temps.
  • Le suivi médical et le dosage régulier de votre APS permettent de juger de la stabilisation du cancer. Il se peut que votre taux d’APS ne bouge plus jamais. Si votre taux d’APS se remet à monter, l’hormonothérapie pourrait être prescrite à nouveau.

Si votre cancer est considéré comme étant à risque élevé de progression, vous pourriez envisager de participer à un protocole de recherche. Parlez-en à votre médecin. Il vous avisera si un essai clinique peut vous être bénéfique.

Cancer récidivant

Un cancer qui revient après une prostatectomie radicale, une radiothérapie ou une curiethérapie — que ces traitements aient été ou non associés à une hormonothérapie — est considéré comme un cancer avancé, et ce, que la récidive soit locale ou métastatique.

Récidive locale – Votre cancer peut réapparaître au même endroit où il se trouvait avant votre premier traitement. Par récidive locale, on entend que des cellules cancéreuses sont restées sur l’emplacement anatomique où se trouvait la prostate.

Avec métastases – Votre cancer peut se révéler dans une autre partie de votre corps. Dans ce dernier cas, on parle d’une récidive métastatique.

Les récidives peuvent survenir n’importe quand. Néanmoins, après le traitement, le risque de récidive diminue avec les années. Bien qu’on entende souvent parler du « chiffre magique » de cinq ans, cela n’est pas garanti. On fait donc un suivi à long terme. Voir Affronter la récidive.

En général, le médecin décèle une récidive lorsque votre taux d’APS recommence à grimper. La vitesse à laquelle votre taux d’APS monte (temps de doublement ou doubling time, en anglais), votre grade et votre stade de la tumeur qu’on a enlevée (ou traitée par la radiothérapie) aident votre médecin à déterminer s’il s’agit d’une récidive locale ou métastatique. Plus ces paramètres sont élevés, plus il pourrait s’agir d’une récidive métastatique.

En présence d’une récidive de cancer de la prostate, on peut avoir recours à diverses options de traitement: radiothérapie, hormonothérapie, chirurgie, chimiothérapie, hormonothérapie de nouvelle génération, protocoles de recherche, etc. Votre médecin est le mieux placé pour proposer un plan de traitement qui vous conviendra.

Récidive après la chirurgie radicale

Habituellement, votre taux d’APS avertit très tôt le médecin de ce qui se passe, et ce, plusieurs mois ou années avant qu’il y ait suffisamment de métastases pour qu’elles soient décelées au cours d’un examen physique ou radiologique .

Radiothérapie avec ou sans hormonothérapie – Dans certains cas où l’on soupçonne une récidive localisée, on peut même espérer une guérison complète (il n’est pas encore trop tard pour prescrire une radiothérapie, avec ou sans hormonothérapie, et arriver à guérir la maladie).

Quand traiter?

  • Si votre récidive semble localisée et lente, et que son comportement n’inquiète pas le médecin, ce dernier pourrait choisir de ne pas intervenir. Cela serait le cas si, par exemple, votre taux d’APS recommence à monter cinq ans après l’opération. À ce rythme, il est probable que les métastases n’apparaîtront pas avant 10 ou 15 ans.
  • Si vous êtes âgé ou si votre espérance de vie est réduite, il vaut peut-être mieux ne pas intervenir ou reporter le traitement plutôt que de vous prescrire une hormonothérapie qui affectera votre qualité de vie.
  • Si vous êtes plus jeune et donc si votre espérance de vie est longue, l’approche du médecin sera souvent plus agressive. On aura alors recours à la radiothérapie, associée ou non à l’hormonothérapie.

Si l’on décide de ne pas entreprendre de radiothérapie, on peut choisir d’attendre une augmentation significative du taux d’APS pour commencer une hormonothérapie. Il sera toujours temps d’intervenir si la progression devient inquiétante.

Chaque cas étant unique, il est important que vous preniez votre décision de concert avec votre médecin, en pesant le pour et le contre de chacune des options.

Récidive après la radiothérapie

Hormonothérapie – L’hormonothérapie est souvent considérée comme le traitement standard en présence d’une récidive à la suite d’une radiothérapie. En l’absence de métastases, l’hormonothérapie intermittente serait une option valable. Dans ce cas aussi, on peut s’abstenir de tout traitement pendant un certain temps lorsque la récidive est lente.

Chirurgie – Dans de rares cas, il arrive parfois que le médecin se tourne vers la prostatectomie radicale pour enlever la prostate. Elle porte souvent le nom de chirurgie de rattrapage. Mais il faut pour cela qu’il soit convaincu que la récidive est limitée à la prostate. Les candidats à cette intervention doivent répondre à des critères de sélection précis. Ils doivent également comprendre les effets secondaires de cette intervention (ils peuvent être plus importants qu’avec une prostatectomie radicale comme premier traitement) afin de prendre une décision éclairée.

À noter

Thérapie focale – D’autres options telles la cryothérapie et l’IFHU/HIFU sont actuellement à l’étude. Il faut préciser que ce ne sont pas des traitements standards. On y a recours lorsqu’on pense que la récidive est encore limitée à la prostate. Mais pour l’instant, ni l’une ni l’autre de ces techniques ne peut être considérée comme une solution de rechange viable aux options de traitement standard du cancer de la prostate. Et comme leur efficacité à long terme n’est pas connue, peu de centres de santé la proposent au Canada.

Cancer métastatique

Un cancer de la prostate métastatique peut être diagnostiqué de plusieurs façons. Le patient peut se présenter avec des symptômes « systémiques » comme la fatigue, la perte de poids ou des douleurs osseuses.

D’un autre côté, il peut y avoir eu diagnostic d’un cancer de la prostate localisé à risque intermédiaire ou élevé. Suite à cela, des examens complémentaires pourront démontrer que le cancer s’est déjà propagé à d’autres organes (métastases).

Dans tous les cas, un diagnostic de cancer de la prostate métastatique est basé sur l’identification de cellules cancéreuses dans d’autres organes (os, ganglions, foie, etc.). Ceci est généralement effectué à l’aide de différentes modalités d’imageries, dont:

  1. La scintigraphie osseuse – Elle sert à déceler la présence de cellules cancéreuses dans vos os, c’est-à-dire là où le cancer de la prostate se propage le plus souvent.
  1. La tomodensitométrie abdomino-pelvienne – Elle permet l’évaluation de l’anatomie intra-abdominale et l’identification de lésions suspectes. Comme le cancer de la prostate peut se propager à vos ganglions lymphatiques pelviens et abdominales, votre urologue s’intéressera particulièrement à ces petits organes du système immunitaire et cherchera à savoir si le cancer s’y est logé.

Depuis quelques années, les études ont montré que les traitements initialement utilisés lorsque le cancer est résistant l’hormonothérapie usuelle – chimiothérapie, hormonothérapie de 2e génération (voir ci-dessous) – sont maintenant administrés parfois au diagnostic d’un cancer métastatique. Ceci permet de « frapper fort » le cancer au début et ainsi le garder en rémission le plus longtemps possible.

Les métastases ganglionnaires

Lorsque le cancer de la prostate a atteint les ganglions, découvert soit à l’imagerie lors du bilan d’un nouveau diagnostic de cancer de la prostate ou suite à l’ablation des ganglions pelviens qui est faite parfois lors d’une prostatectomie radicale, le traitement standard est habituellement l’hormonothérapie à vie. D’importantes études publiées ont montré que si l’on commence l’hormonothérapie dès qu’il y a des métastases ganglionnaires, avant l’apparition de métastases osseuses (métastases les plus fréquentes), on prolonge la survie de façon significative.

Votre médecin pourrait proposer aussi faire une prostatectomie radicale avec ablation de vos ganglions lymphatiques pelviens si votre charge ganglionnaire est peu importante, c’est dire que très peu de ganglions sont touchés par le cancer.

Il arrive que le médecin préfère attendre et surveiller votre taux d’APS. En effet, dans environ 10% à 15% des cas de métastases ganglionnaires, le taux d’APS reste stable pendant plusieurs années.

  • Avec un suivi médical tous les trois ou six mois, le médecin suit votre situation et intervient dès qu’il constate que ce taux se met à monter. Il a alors le temps de réagir puisqu’il faudra encore plusieurs mois et même des années avant que le cancer ne fasse des métastases ailleurs.
  • On prendra notamment la décision d’attendre pour éviter les effets secondaires de l’hormonothérapie le plus longtemps possible.

Les métastases osseuses

Le cancer qui s’est propagé aux ganglions finira par s’attaquer aux os, en particulier ceux du bassin et de la colonne vertébrale. Si les métastases sont assez grosses, les symptômes suivants peuvent parfois survenir: douleur au bas du dos ou aux hanches, engourdissement ou paralysie des membres inférieurs (les métastases à la colonne vertébrale peuvent comprimer la moelle épinière), fatigue constante, perte d’appétit et pâleur (les métastases osseuses peuvent causer une anémie). À ce stade, vos os sont devenus très fragiles et susceptibles de se fracturer.

L’hormonothérapie est prescrite dès que le médecin constate la présence de métastases osseuses, qu’elles soient accompagnées ou non de douleurs. Le traitement est pratiquement toujours appliqué de façon continue et à vie.

L’hormonothérapie soulage les douleurs et prolonge votre survie de façon appréciable. Des traitements palliatifs additionnels peuvent s’ajouter pour réduire vos symptômes ou la douleur osseuse.

Les avancées en recherche

On a constaté que les patients vivaient beaucoup plus longtemps et que l’apparition des symptômes liés aux métastases était retardée si l’hormonothérapie était précocement associée à une chimiothérapie, par exemple le docétaxel (Taxotere) ou à une hormonothérapie de nouvelle génération, par exemple l’abiraterone (Zytiga), l’enzalutamide (Xtandy), l’apalutamide (Elreada) – plutôt que d’attendre que votre cancer ne réponde plus l’hormonothérapie standard.

Comme mentionné plus haut, ceci permet de « frapper fort » le cancer au début et ainsi le garder en rémission le plus longtemps possible.

L’association d’une chimiothérapie ou d’une hormonothérapie de nouvelle génération à votre traitement hormonal standard sera selon si vous avez beaucoup ou peu de métastases, les risques de progression de votre cancer, votre santé en général, les pour et contre. Votre médecin est le mieux placé pour votre plan de traitement et il ne faut pas hésiter à poser vos questions.

Ce qu’il faut savoir

Les formes d’hormonothérapie plus anciennes sont toujours utiles et doivent continuer à être prescrites, mais l’ajout de la nouvelle génération d’agents hormonaux apporte d’importants bienfaits aux patients. Cette classe de médicaments est également une option qui peut être utilisée si vous avez reçu un diagnostic de cancer métastatique résistant à la castration (voir ci-dessous).

Si votre cancer développe une résistance à cette classe de médicaments, vous pourriez être traité par la chimiothérapie, par le radium-223 (voir plus bas), par le biais d’un protocole de recherche, s’il y en a un cours bien sûr.

Une chose est certaine – Votre traitement aura pour but de prolonger votre vie, de ralentir l’évolution du votre cancer, de soulager vos symptômes si vous en avez et de rehausser votre qualité de vie.

Cancer résistant à la castration

L’hormonothérapie peut arriver à maîtriser l’évolution du cancer pendant plusieurs années. Cependant, avec le temps, le cancer peut se remettre à progresser et devenir résistant à la castration, c’est-à-dire que l’hormonothérapie n’a plus le même effet. Certaines cellules resteront tout de même sensibles à l’hormonothérapie, d’où la raison pour laquelle on la conserve à la base.

Des traitements existent pour soigner un cancer de la prostate résistant à la castration (CPRC), mais diffèrent selon une présence ou non de métastases ou selon la vitesse à laquelle votre APS monte.

À chaque consultation, une prise de sang permet à votre médecin de surveiller votre taux d’APS lors de la prise d’hormonothérapie. Si le taux d’APS se met à monter, le médecin surveillera combien de temps il lui faut pour doubler. Plus cette période est courte, plus les risques d’une récidive sont élevés et plus cette récidive sera agressive. Le cancer de la prostate sera alors devenu un cancer résistant à la castration.

Le cancer résistant à la castration sans métastases

Il s’agit d’un cancer qui n’a pas de métastases encore visibles (les examens diagnostiques ne permettent pas de les voir), mais qui a certainement dans l’organisme des métastases microscopiques qui deviendront visibles à l’imagerie un jour ou l’autre.

Au cours des dernières années, le CPRC non métastatique a été le domaine du cancer de la prostate le plus étudié dans le but de trouver des médicaments capables de prévenir ou de retarder l’apparition de vos métastases.

Chez les patients avec une augmentation rapide de l’APS (temps de dédoublement < 10 mois), une hormonothérapie de nouvelle génération peut être offerte. Il peut s’agir des traitements suivants:

  1. L’apalutamide (Erleada)
  2. L’enzalutamide (Xtandi)
  3. Le darolutamide (bientôt disponible)

Des résultats positifs ont été obtenus avec ces trois agents, montrant qu’ils permettent tous de retarder d’environ deux ans l’apparition des métastases chez des patients dont le taux d’APS s’élève rapidement (un CPRC sans métastases à risque élevé de progression).

Dans cette situation, votre médecin vous décrira comment se déroulent le traitement et les effets indésirables qui peuvent survenir. Vous pourriez également envisager de participer à un protocole de recherche afin de bénéficier des nouvelles formes de thérapies.

Le cancer résistant à la castration avec métastases

Lorsque le cancer de la prostate est résistant à une hormonothérapie standard et qu’il y a évidence de métastases aux examens, un traitement doit être instauré. Ce traitement dépendra de plusieurs facteurs dont l’âge, les comorbidités, la présence de symptômes secondaire au cancer et la vitesse à laquelle le cancer se développe.

Depuis plus de 10 ans, plusieurs études ont permis l’approbation de multiples traitements chez les patients rendus à ce stade. Toutefois, ces traitements ne permettent pas la guérison du cancer. Même avec la prise de ces traitements, il faut continuer de prendre l’hormonothérapie standard.

1- Docétaxel (chimiothérapie): Premier traitement à être approuvé dans cette sphère, elle permet le soulagement rapide des symptômes secondaires au cancer. Elle est généralement administrée à chaque 3 semaines par infusion intraveineuse à l’hôpital.

2- Abiraterone (hormonothérapie): Il s’agit d’un médicament pris chaque jour qui permet une castration hormonale plus importante. Un suivi de prise de sang régulier est nécessaire.

3- Enzalutamide (hormonothérapie): Il s’agit d’un médicament pris chaque jour qui permet une castration hormonale plus importante.

4- Dichlorure de Radium-223 (radiopharmaceutique): Il s’agit d’un traitement radiologique par infusion veineuse hebdomadaire pour six semaines. Le médicament circule dans le sang et s’accroche aux métastases osseuses et émet de la radiation. Il est généralement réservé pour les patients avec métastases osseuses seulement.

5- Cabazitaxel (chimiothérapie): Il s’agit d’une chimiothérapie généralement réservée après échec au docetaxel.

6- Sipuleucel-T: Il s’agit d’un vaccin élaboré à partir des globules blancs du patient. Le sipuleucel-T est vaccin thérapeutique, destiné à traiter un cancer de la prostate métastasé, non pas à le prévenir. Il est extrêmement dispendieux et n’est pas actuellement offert au Canada.

Traitements palliatifs

Des traitements palliatifs additionnels peuvent s’ajouter pour réduire vos symptômes ou la douleur osseuse. On prescrit des analgésiques pour soulager les douleurs, osseuses, et autres, des traitements pour renforcer les os et même de la radiothérapie palliative. En présence d’un cancer métastasé, vous devrez également prendre des suppléments de calcium et de vitamine D.

Santé osseuse

Bisphosphonates

On peut avoir recours aux bisphosphonates en présence d’un cancer de la prostate qui s’est propagé aux os.

  • Les bisphosphonates, comme l’acide zolédronique (Zometa), peuvent ralentir ou interrompre la progression de la destruction osseuse causée par les métastases, réduisant ainsi les risques de fractures.
  • Utilisés chez des patients atteints de CPRC avec métastases osseuses, les bisphosphonates permettent de réduire le risque de complications dues aux métastases et de limiter le recours aux analgésiques et à la radiothérapie palliative.

Agent biologique

On peut utiliser un médicament appelé le dénosumab (Xgeva) à la place des bisphosphonates pour ralentir ou arrêter la perte osseuse causée par les métastases des os.

  • Le dénosumab est un anticorps monoclonal qui reconnaît et s’attache à RANKL, une substance située à la surface des cellules osseuses. RANKL contribue à la dégradation des os. En ciblant et en bloquant RANKL, on ralentit cette dégradation. On peut avoir recours au dénosumab pour aider à prévenir les complication osseuses (fractures, irradiation osseuse, compression médullaire, etc.).
  • Il peut aussi aider à prévenir la propagation du cancer aux os chez les hommes dont le taux d’APS grimpe, mais qui ne présentent aucun signe de propagation du cancer aux os.

La radiothérapie externe palliative

Les rayons radioactifs de la radiothérapie détruisent les cellules des métastases dans l’os qui cause la douleur (dans la colonne vertébrale, les hanches, le dos, etc.). Cela ne change en rien le cours de la maladie, mais soulage rapidement le patient, renforce l’os et, par conséquent, aide à réduire les risques de fracture à l’endroit ionisé.

Habituellement, la radiothérapie palliative est utilisée lorsque les médicaments antidouleur ne soulagent pas suffisamment ou quand l’os risque de se fracturer. Cependant, on ne peut pas irradier deux fois le même endroit. C’est pourquoi, bien souvent, les médecins utilisent la radiothérapie en dernier recours.

Si les douleurs reviennent dans la zone irradiée, les analgésiques et les traitements visant à renforcer les os peuvent procurer un certain soulagement. Il est à noter qu’on peut employer ces médicaments en même temps que la radiothérapie.

Chirurgie palliative

Résection transurétrale de la prostate – La résection transurétrale de la prostate (RTUP) peut être une option pour le cancer de la prostate résistant à la castration. Ce type de chirurgie permet de soulager les symptômes de l’obstruction des voies urinaires causés par la tumeur de la prostate.

En savoir plus sur les soins palliatifs

Comment contrôler les symptômes?

La douleur n’est pas toujours présente dans les cas où le cancer de la prostate récidive. Toutefois, les métastases osseuses sont fréquentes et elles sont souvent douloureuses. L’équipe de soins palliatifs se spécialise dans le contrôle de la douleur lorsque la situation est imprécise. Le médecin en soins palliatifs peut alors utiliser une combinaison de médicaments (ex. : analgésiques opioïdes, agents anti-inflammatoires non stéroïdiens, stéroïdes, bisphosphonates) et prescrire une évaluation radiographique.

Parfois, le médecin recourt à un anesthésiste qui pratique un bloc nerveux pour atténuer la douleur. Les douleurs causées par l’action spécifique d’un nerf peuvent exiger l’utilisation de médicaments (gabapentin, antidépresseurs tricycliques, méthadone) contre ce qu’on appelle « les douleurs neuropathiques ».

On constate parfois la présence de symptômes affectant la vessie, l’estomac et les intestins que l’on soigne à l’aide d’une association médicamenteuse. On utilise presque toujours des laxatifs pour combattre un des effets secondaires des analgésiques opiacés (constipation), une complication fréquente du traitement du cancer avancé de la prostate.

En présence d’un lymphœdème (œdème dans une ou deux jambes), le médecin prescrit une technique de massage, le drainage lymphatique manuel, et il recommande le port de bandages spéciaux ou de bas élastiques.

La fatigue est un autre symptôme courant. Les transfusions sanguines constituent un recours possible, lorsque celle-ci est causée par l’anémie. Si la mobilité est réduite, l’ergothérapeute ou le physiothérapeute peuvent intervenir pour aider le patient à maintenir ses capacités fonctionnelles et son autonomie.

l’après cancer prostate

En cas de problèmes familiaux ou psychologiques, l’équipe de soins palliatifs est au service de la famille et du patient. Des rencontres sont souvent organisées avec les membres de la famille pour discuter des questions relatives à la mort et à l’agonie.

L’équipe de soins palliatifs peut également contribuer à régler les problèmes sociaux et financiers qui surviennent, ainsi que les difficultés de communication entre les membres de la famille. C’est le temps de faire preuve d’honnêteté et d’ouverture d’esprit. De plus, elle offre une aide à long terme pour toute question entourant le deuil, ainsi que des services de counselling à ceux qui en ont besoin.

L’équipe de soins palliatifs

À tous les stades de la maladie, l’équipe de soins palliatifs peut aider à contrôler les symptômes et à soulager la douleur. Au stade avancé, ces professionnels donnent des conseils sur la façon de maximiser les capacités fonctionnelles du patient ou l’aident à surmonter ses souffrances psychologiques.

 

Suite…

Ils travaillent auprès des patients, à domicile, dans les cliniques externes des hôpitaux, de même que dans les unités réservées aux patients hospitalisés. Le réseau de soins palliatifs regroupe les services hospitaliers ou les cliniques qui offrent des traitements hospitaliers en cas de symptômes particulièrement graves ou lorsque les familles ne peuvent plus administrer les soins à domicile.

Les équipes chargées des patients hospitalisés dans les unités de soins palliatifs ou dans les cliniques externes comprennent des médecins, des infirmières, un psychologue, un physiothérapeute ou un ergothérapeute, un travailleur social, un aumônier, un artothérapeute, un musicothérapeute, un conseiller en deuil et des bénévoles.

Ces personnes travaillent en étroite collaboration avec le patient et sa famille, dans le cadre d’un programme individualisé pour améliorer leur qualité de vie. En général, la chambre du patient est aménagée de sorte que des membres de la famille peuvent y passer la nuit. Il arrive qu’après l’admission aux soins palliatifs, le patient et sa famille se sentent capables de reprendre la formule des soins à domicile. Pour plus d’information, consultez le site du Réseau des soins palliatifs du Québec.

Membres de l’équipe à l’hôpital ou dans d’autres établissements:

  • Médecins
  • Infirmiers et infirmières
  • Psychologues
  • Physiothérapeutes
  • Travailleurs sociaux
  • Aumônier (conseiller spirituel)
  • Thérapeutes par la peinture ou la musique
  • Conseiller en deuil
  • Bénévoles

Ces personnes seront en relations étroites avec le patient et les membres de sa famille dans le cadre d’un programme individualisé destiné à lui assurer la meilleure qualité de vie possible. Habituellement, il est possible pour les membres de la famille de passer la nuit dans la chambre du patient. Suite à l’admission d’un patient dans un centre de soins palliatifs, il arrive parfois que ce patient et les membres de sa famille se sentent en mesure de revenir à des soins à domicile.

fin de vie et cancer prostate

Tout espoir n’est pas perdu

Au stade avancé de la maladie, il arrive que les personnes concernées se sentent désespérées et renoncent à se battre. En mettant de l’ordre dans leurs priorités, elles réalisent que tout n’est pas perdu, qu’il y a des choses à faire et des moments de joie à vivre. Le patient se rend compte de l’importance de la famille, des amis, des enfants et de tout ce qu’il laisse derrière lui. Il n’est pas paradoxal de dire que la phase palliative est parfois pleine d’espoir. Même si une vie s’achève, la relation entre le patient et ses proches peut être agréable et chaleureuse. L’équipe des soins palliatifs est là pour vous aider à parvenir à cette fin.

Essais cliniques

Participer à un essai clinique

L’un des moyens d’obtenir les nouveaux traitements, avant qu’ils ne soient mis à la disposition générale, consiste à participer à un essai clinique.

Un essai clinique est une étude technique qui fait appel à des bénévoles (appelés participants) pour mettre à l’essai de nouveaux moyens de prévenir, de dépister, de traiter ou de gérer le cancer de la prostate ou d’autres maladies. Certains essais cliniques aident à établir si un nouveau traitement, un nouveau médicament ou un nouvel instrument est sûr et efficace.

La participation à un essai clinique est une contribution utile à la recherche, car les essais cliniques répondent à des questions importantes et peuvent mener à des améliorations· des résultats de santé. La participation peut être un bon moyen d’accéder à des traitements gratuits.

Pour de plus amples renseignements sur les essais cliniques, visitez:

Questions destinées à l’équipe médicale

Pour obtenir des réponses à vos questions, il faut vous préparer. Avant de rencontrer votre médecin ou votre infirmière, faites une liste de questions à poser au sujet de vos traitements pour votre cancer avancé. Faire une liste de questions avant votre rendez-vous chez votre médecin peut être une façon de mettre sur papier ce qui vous préoccupe.

  • Inscrivez sur votre liste les questions les plus importantes en premier.
  • Faites-vous accompagner par un proche.
  • Souvenez-vous que cette rencontre n’est pas la seule chance que vous aurez de poser des questions.
  • Essayez d’accepter que l’incertitude existe; la médecine n’a pas une réponse définitive à toutes les questions.

Faire une liste de questions avant votre rendez-vous chez votre médecin peut être une façon de mettre sur papier ce qui vous préoccupe.

 

À propos des effets secondaires

  • Le traitement contre le cancer que je reçois causera-t-il de la fatigue ? Et si c’est le cas, quelle en sera l’intensité ?
  • Existe-t-il des traitements efficaces permettant de maîtriser ou de soulager mon état de fatigue ?
  • Que peut-on faire si le traitement ne m’aide pas ?
  • Quels sont les effets secondaires probables des traitements que vous me proposez ?
  • D’autres membres de l’équipe de soins de santé peuvent-ils m’aider à gérer ma fatigue ?
  • (Si vous éprouvez de la fatigue) Mon état de fatigue est-il causé par l’anémie ? Et si c’est le cas, de quelle façon peut-on me traiter ?
  • Quels sont les effets secondaires les plus fréquents ? Sont-ils graves ?
  • Quand puis-je m’attendre à présenter ces effets secondaires et combien de temps dureront-ils ?
  • Qu’est-ce que je peux faire au sujet de ces effets secondaires ?
  • Y a-t-il des symptômes que je devrais signaler immédiatement ?
  • Qui devrais-je appeler ? Qui devrais-je appeler hors des heures normales ?
  • Dans quelle circonstance ma chimiothérapie serait-elle retardée ou la dose pourrait-elle être réduite ?
  • Pour quelle raison ma chimiothérapie peut-elle être retardée ou la dose peut-elle être réduite ?
  • Y a-t-il quelque chose à faire pour s’assurer d’éviter les retards ou les réductions de dose ?

 

Études cliniques

  • Y a-t-il des études cliniques en cours convenant à mon état ou à mon traitement ?
  • Dans l’affirmative, serais-je admissible à ces études ?
  • Y a-t-il des renseignements particuliers que je devrais connaître à propos de ces études ?

 

Avant le traitement

  • Y a-t-il quelque chose que je devrais faire avant de commencer la chimiothérapie ?
  • Je prends des médicaments régulièrement pour traiter d’autres problèmes de santé. Devrais-je continuer de les prendre ?
  • Est-ce que je peux prendre des médicaments si j’attrape un rhume ?
  • Est-ce que je peux prendre des vitamines ou des suppléments à base d’herbes ?
  • Devrais-je manger avant mes séances de traitement ? Et après ?
  • Y a-t-il des aliments que je devrais manger ou éviter de manger ?
  • Est-ce que je peux boire de l’alcool (bière, vin, spiritueux) durant mon traitement ?
  • Est-ce que je peux continuer à travailler ?
  • Est-ce qu’il y a des activités que je devrais éviter durant la chimiothérapie ?
  • Avec qui puis-je communiquer si j’ai des problèmes émotionnels ?
  • Y a-t-il des symptômes que je devrais vous signaler immédiatement ?
  • Avec qui puis-je communiquer hors des heures normales ?
  • Quels sont les services de soutien offerts dans ma région ?
  • Y a-t-il des études cliniques en cours qui pourraient m’intéresser ?

 

Pendant le traitement

  • Est-ce qu’il est normal que je ressente cet effet secondaire ?
  • Combien de temps cet effet secondaire peut-il durer ?
  • Qu’est-ce que je peux faire au sujet des effets secondaires ?
  • Y a-t-il des symptômes que je devrais vous signaler immédiatement ?
  • Qui devrais-je appeler ? Hors des heures normales ?
  • Avec qui puis-je communiquer si j’ai des problèmes émotionnels ?
  • Quels sont les services de soutien offerts dans ma région ?

 

Après le traitement

  • Est-ce que j’aurai besoin d’autres traitements ?
  • Qui sera le médecin responsable de mes soins de suivi ?
  • À quelle fréquence devrais-je consulter mon médecin après la fin de la chimiothérapie ?
  • Est-ce que j’aurai besoin d’examens de suivi ?
  • Quels seront les examens dont j’aurai besoin et à quelle fréquence devrais-je les subir ?
  • Qu’est-ce que je dois surveiller ?
  • Qu’est-ce que je dois signaler à mon médecin ?
  • Avec qui puis-je communiquer hors des heures normales ?
  • Mon médecin de famille sera-t-il impliqué dans mes soins de suivi ? De quelle façon ?
  • Est-ce que je peux offrir du soutien aux patients qui recevront bientôt une chimiothérapie ?

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Dernière révision médicale et éditoriale: août 2019
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bandeau ligne 1 855 pour cancer prostate

 

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