Pronostic et survie

Homme lisant ses notes suite à un diagnostic de cancer de la prostate

Perspectives

Après la réception d’un diagnostic de cancer de la prostate, il est naturel d’imaginer le pire et de se préoccuper de l’effet que le cancer aura sur votre propre vie et sur celle de vos proches. Il peut être difficile et stressant de devoir prendre une décision à propos de votre traitement. Vous vous questionnerez certainement sur le pronostic de votre maladie et voudrez peut-être connaître les chances de succès de votre traitement.

Malheureusement, personne ne pourra vous dire précisément quelles seront vos perspectives, car plusieurs facteurs entrent en jeu : le stade de votre cancer, la vitesse à laquelle votre cancer progresse, votre âge, votre santé générale, vos autres problèmes de santé. Toutefois, sachez que:

Cancer de la prostate localisé non-agressif

  • Dans la plupart des cas, le cancer se propage lentement et n’affecte pas la longévité de la vie
  • Dans de nombreux cas, le traitement primaire permet d’éliminer le cancer
  • Dans certains cas, le cancer revient après le traitement primaire et nécessite d’autres traitements

Cancer de la prostate localement avancé

  • Dans de nombreux cas, le traitement primaire vise à éliminer le cancer
  • Le traitement primaire peut comporter une combinaison d’approches thérapeutiques
  • Dans certains cas, le cancer revient après le traitement primaire et nécessite d’autres traitements

Cancer de la prostate métastatique

  • Ce cancer ne se guérit pas
  • L’hormonothérapie peut réussir à maîtriser le cancer pendant plusieurs années
  • L’apparition d’une hormono-résistance nécessite d’autres traitements

Les facteur pronostiques

Un pronostic est une hypothèse avancée par un médecin à propos de la progression de la maladie, de l’évolution de l’état de santé du patient, des réactions à un traitement et des chances de guérison. Différents facteurs entrent en ligne de compte quand vient le temps d’établir un pronostic pour le cancer de la prostate.

Âge 

L’âge au moment du diagnostic est un facteur déterminant pour le pronostic du cancer de la prostate; l’espérance de vie de la population en général entre ici en ligne de compte. De plus, si un homme âgé risque de présenter un état de santé défavorable qui peut influer sur le choix du traitement, il faut aussi savoir qu’un cancer de la prostate qui apparait à un jeune âge peut s’avérer d’une agressivité accrue.

Maladies associées (Comorbidités)

La présence d’autres affections médicales peuvent avoir un impact sur l’espérance de vie (p. ex. diabète, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires, autre tumeur maligne). Selon la sévérité de ces atteintes, le pronostic et l’approche thérapeutique choisie peuvent varier.

Stade clinique

Plus le cancer est diagnostiqué à un stade précoce, donc plus la tumeur est petite et localisée à la prostate (stade T1 et T2), plus le pronostic est favorable.

Grade ou Score de Gleason

Plus le grade ou score de Gleason est élevé, moins le pronostic est favorable.

Taux d’antigène prostatique spécifique (APS)

Plus le taux d’APS est élevé, moins le pronostic est favorable.

Regroupement des facteurs

Le regroupement de tous les facteurs pris en considération est plus précis que le système de stadification TNM utilisé seul pour évaluer le pronostic. Il va de soi que plus les scores ou les niveaux sont bas, plus vous aurez de meilleures chances de guérir, moins de risques de récidive et un meilleur pronostic de survie.

En contrepartie, si le pronostic est plus sombre pour les hommes qui ont des scores ou les niveaux plus élevés, il demeure possible pour vous d’avoir des options de traitement efficaces pour maîtriser votre cancer, améliorer votre qualité de vie et prolonger votre survie.

Les médecins utilisent aussi des nomogrammes pour prédire un pronostic dans différents cas de cancer de la prostate. Les nomogrammes sont des outils de prédiction.

Outils de prédiction

Des « nomogrammes » (modèles statistiques prédictifs) ont ainsi été établis à partir de divers paramètres, afin de prédire statistiquement les pronostics d’état, de propagation et d’évolution du cancer. Ils ont été élaborés sur de grands nombres de cas, et peuvent être utilisés avant ou après un traitement pour prédire différents résultats à court ou à long terme.

Parmi ceux-ci, les plus utilisés sont les « tables de Partin », le « nomogramme de Kattan » (ou « Memorial Sloan-Kettering Cancer Center Nomogram ») et le « score de Capra ». Les recherches dans ce domaine progressent sans cesse avec l’introduction de nouveaux paramètres et modèles prédictifs. Voici quelques exemples et les prédictions que les spécialistes peuvent en tirer.

Score CAPRA

Le score CAPRA (Cancer of the Prostate Risk Assessment) permet l’évaluation du risque associé à un cancer de la prostate. Élaborée à l’Université de Californie, à San Francisco, cette échelle allant de 0 à 10 est utilisée pour prédire le risque de récidive après traitement, le risque d’apparition de métastases et déterminer le risque de mortalité liée au cancer de la prostate. Le score CAPRA se calcule en attribuant plus ou moins de points aux cinq facteurs suivants : âge, taux d’APS au diagnostic, score de Gleason, stade clinique et le pourcentage d’échantillons de biopsie positifs. Voici quelques exemples de points attribués.

Âge au diagnostic

  • Moins de 50 ans = 0 point
  • Plus de 50 ans = 1 point

Taux d’APS au diagnostic ng/mL

  • Moins de 6 = 0 point
  • 6 à 10 = 1 point
  • 10 à 20 = 2 points
  • 20 à 30 = 3 points
  • Plus de 30 = 4 points

Score de Gleason
(Grade dominant / Grade secondaire)

  • Aucun grade 4 ou 5 = 0 point
  • Grade 4 ou 5 secondaire = 1 point
  • Grade 4 ou 5 primaire = 3 points

Stade clinique (stade cT)

  • T1 ou T2 = 0 point
  • T3a = 1 point

Échantillons de biopsie positifs

  • Moins de 34% = 0 point
  • Plus de 34% = 1 point

Un score de 0 à 2 correspond à un risque faible, de 3 à 5 à un risque intermédiaire et de 6 à 10 à un risque élevé. Les études ont montré que le niveau de risque doublait quasiment à chaque augmentation de 2 points du score de Capra. Voici un exemple de prévision des risques avec le score CAPRA. Pour cet exemple, nous avons utilisé le calculateur existant sur le site du University of California San Francisco (UCFS) Urology.

Exemple

  • Age: 48 ans
  • APS: 22
  • Score de Gleason: 7 (4 + 3)
  • Pourcentage de biopsies positives inférieur à 34%
  • Stade: T2

Le patient aurait un score de Capra de 6. Son risque est donc plutôt élevé et le protocole thérapeutique devra être défini en conséquence.

Tables de Partin

Utilité pour les urologues

Si vous êtes touché par le cancer de la prostate, vous entendrez parler des tables de Partin, qui sont devenus un outil utile pour les médecins comme pour les patients.

La prostatectomie radicale (ablation chirurgical de la prostate) permet une évaluation pathologique précise de la prostate et des ganglions pelviens lorsqu’ils sont enlevés. En générale, si le cancer n’a pas dépassé la capsule prostatique et n’a pas atteint les ganglons, le taux de guérison est meilleur. Les tableaux de Partin permettent d’avoir une estimation pré-opératoire plus précise du risque que la cancer a dépassé la capsule ou atteint les ganglions.

Facteurs: APS, grade de Gleason et stade clinique probable

Les tables de Partin établissentune corrélation entre trois éléments d’information: niveau d’APS, grade de Gleason et stade clinique probable. En se reportant à ces variables, les tables estiment le risque de propagation du cancer dans les vésicules séminales, les ganglions lymphatiques pelviens ou à travers la capsule prostatique.

Cependant, soulignons que si les tables de Partin aident à préciser quelles seront les constatations après la chirurgie, ils ne peuvent probablement pas indiquer si la chirurgie réussira ou non à guérir le patient.

Modalités des tableaux de cœfficients Partin

Les tables de coefficients de Partin servent à évaluer quatre axes différents, qui peuvent jouer un rôle extrêmement important en ce qui a trait aux modalités de traitement :

  • la probabilité d’une maladie entièrement circonscrite dans la prostate
  • la probabilité d’une « pénétration capsulaire établie » – dans ce cas, le cancer a touché et éventuellement traversé la capsule de la prostate
  • la probabilité d’une propagation du cancer dans les vésicules séminales
  • la probabilité d’une propagation du cancer dans les ganglions lymphatiques

Voyons un exemple de l’application des tables de Partin. Pour ces deux exemples, nous avons utilisé le calculateur existant sur le site du John Hopkins School of Medecine.

Exemple 1

  • APS: 7
  • Score de Gleason: 6 (3 + 3)
  • Table du Stade: T2a (tumeur palpable sur la moitié d’un lobe prostatique)

En utilisant le calcul de Partin (d’après les tables de Partin), on pourrait évaluer que cet homme a 68.5% de probabilité d’avoir une maladie circonscrite à la prostate, 29.2% de probabilité de propagation à l’extérieur de la capsule prostatique, 1.8% de probabilité que les vésicules séminales soient atteintes et 0.5% de probabilité que les ganglions (ou nœud) lymphatiques soient touchés.

Exemple 2

  • APS: 24
  • Score de Gleason: 7 (score primaire 3 + secondaire 4)
  • Table du Stade: T2a (tumeur palpable sur la moitié d’un lobe prostatique)

On pourrait évaluer que cet homme n’aurait que 16.4% de probabilité d’avoir une maladie circonscrite à la prostate, 58.8% de probabilité de propagation à l’extérieur de la capsule prostatique, 14.7% de probabilité que les vésicules séminales soient atteintes et 10% de probabilité que les ganglions (ou nœud) lymphatiques soient touchés.

Nomogramme de Kattan

Comme les tables de Partin, le nomogramme de Kattan se base sur la valeur du PSA, les scores primaires et secondaires de Gleason, les stades (T, N, M) de la tumeur. En outre, il prend en compte le pourcentage de biopsies positives, le degré d’envahissement de la capsule prostatique, l’atteinte des vésicules séminales et / ou ganglionnaire ainsi que d’autres renseignements individuels comme l’âge, divers renseignements concernant la santé du patient ou les traitements qu’il a déjà reçus.

Méthode de calcul du nomogramme de Kattan

L’indicateur attribue une valeur à chacun de ces paramètres qu’il associe ensuite selon des formules très complexes pour aboutir à un score global. Il existe des « calculatrices » ou des sites internet permettant de renseigner les données d’un patient et d’aboutir au calcul des divers résultats du nomogramme.

Voici un exemple de prévision de taux de survie et de risque de progression. Pour cet exemple, nous avons utilisé le calculateur existant sur le site du Sloan Kettering Memorial Cancer Center

Exemple

  • Age: 62 ans
  • Santé: 100 % bonne
  • Stades: T2a, N0 et M0 (aucune extension extraprostatique)
  • Scores de Gleason: 7 (3 + 4)
  • APS: 22
  • Option de traitement: chirurgie radicale

En utilisant le calcul de Kattan, on pourrait évaluer que cet homme aurait un taux de survie à 15 ans de 99% après une chirurgie radicale et une probabilité de non-progression de son cancer de 79% à 5 ans et de 67% à 15 ans.

Risque de progression du cancer de la prostate

Le cancer de la prostate peut aussi être classé selon le risque de récurrence (faible, intermédiaire, élevé). Pour cette évaluation, qui peut influer sur l’approche thérapeutique, on tient compte du stade clinique, du taux d’APS et du score de Gleason.

Risque faible

Votre cancer peut présenter un risque faible de progression si:

  • votre taux d’APS est inférieur à 10 ng/mL, ou
  • votre score de Gleason est de 6 ou moins, ou
  • votre cancer est de stade T1 ou T2a

Risque modéré

Votre cancer peut présenter un risque modéré de progression si:

  • votre taux d’APS se situe entre 10 et 20 ng/mL, ou
  • votre score de Gleason est de 7, ou
  • votre cancer est de stade T2b

Risque élevé

Votre cancer peut présenter un risque élevé de progression si:

  • votre taux d’APS est supérieur à 20 ng/mL, ou
  • votre score de Gleason est de 8, 9 ou 10, ou
  • votre cancer est de stade T2c, T3 ou T4

Survie au cancer de la prostate selon le stade

La survie relative exprime la probabilité de survie d’une personne atteinte d’une maladie par rapport aux personnes présumées saines de la population générale qui présentent les mêmes caractéristiques (p. ex. âge, sexe, race).

Pour le cancer de la prostate, la survie relative dépend du stade de la maladie (stade I à IV de l’UICC). Il faut cependant savoir que les groupes pronostiques, aussi établis par l’UICC, semblent plus précis que les stades pour établir un pronostic de survie.

Gérer vos attentes

Je viens d’apprendre que j’ai un cancer de la prostate

Vous n’êtes pas seul. L’aspect positif c’est que la plupart de ces cancers se développent lentement et que l’on parvient même à les guérir à l’aide d’un dépistage précoce et d’un traitement adéquat. Enrichir vos connaissances en parcourant Faire face au cancer, Choisir son traitement et plusieurs autres sections sur notre site Web vous aidera certainement à prendre des décisions plus éclairées en vivant moins de stress.

Au cours des 12 derniers mois, on a diagnostiqué un cancer de la prostate chez plus de 4 800 Québécois. Cela représente en moyenne 12 diagnostics par jour. Comme vous le voyez, vous n’êtes pas seul à lutter contre le cancer de la prostate. Il est toutefois encourageant de savoir que la plupart de ces cancers se développent lentement et que l’on parvient même à les guérir à l’aide d’un dépistage précoce et d’un traitement adéquat.

Face au diagnostic, il est compréhensible et normal que vous ayez une réaction de crainte, de négation, de colère, d’impuissance et le sentiment de perdre le contrôle de votre vie. Une fois la réalité bien ancrée, la façon positive de lutter contre la maladie consiste à se renseigner le plus possible sur celle-ci. En ayant de meilleures connaissances sur le cancer de la prostate, vous pourrez plus facilement vous libérer de la peur de l’inconnu et prendre des décisions plus facilement.

La foire aux questions

Cliquez ici pour obtenir la liste complète des questions sur le cancer de la prostate.

Questions sur la survie

Discutez de votre pronostic avec votre médecin. Le pronostic repose sur de nombreux facteurs, dont ceux-ci:

  • votre âge
  • votre type de cancer (le stade, le grade et le taux d’APS au moment du diagnostic)
  • vos antécédents familiaux
  • votre état de santé et espérance de vie
  • le ou la combinaison de traitements choisis
  • comment votre cancer réagit au traitement

Seul un médecin qui connaît bien ces facteurs peut examiner toutes ces données de concert avec les statistiques de survie pour en arriver à un pronostic.

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Dernière révision médicale et éditoriale: août 2019
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