Nutrition

Des études actuelles accordent plus d’attention à la nutrition, une partie intégrante du traitement du cancer de la prostate.


Les fibres alimentaires

On trouve ces substances dans tous les aliments à base de plantes (fruits, légumes et céréales non traités ou non altérés), dont la plupart contiennent un mélange de deux types de fibres – hydrosolubles et non hydrosolubles. Ces fibres aident à préserver la santé du tractus intestinal et à favoriser l’élimination régulière. Selon des résultats préliminaires, un régime riche en fibres alimentaires (conjointement avec des changements apportés au style de vie et à la consommation de médicaments traditionnels) pourrait servir de protection contre le développement de certains types de cancer, notamment le cancer de la prostate.

Plusieurs études ont démontré que le taux de cancer de la prostate est plus élevé chez les hommes dont le régime alimentaire est faible en fibres et riche en matières grasses. En général, la consommation recommandée de fibres alimentaires varie de 25 à 35 grammes par jour. On trouve des fibres hydrosolubles dans les haricots secs et les pois, l’avoine, l’orge, les fruits et les enveloppes de psyllium. Les fibres non hydrosolubles se trouvent principalement dans les fruits et les légumes, de même que dans les céréales entières, notamment le blé et le son de maïs. Les aliments complets, lesquels subissent peu ou pas de transformations technologiques, contiennent plus de vitamines, de minéraux et d’enzymes, car ils n’ont pas été éliminés au cours d’un traitement.

La consommation de suppléments de fibres alimentaires constitue une autre option. Avant d’y recourir, parlez-en avec votre médecin, car il y a des risques d’effets secondaires ou d’interactions médicamenteuses.

Le poisson

Le risque de cancer de la prostate semble augmenter chez les hommes qui mangent peu de poisson. Cela est probablement dû à l’effet protecteur des huiles de poisson, qui contiennent des taux élevés d’acide gras oméga-3 (voir plus loin). Le saumon, la truite, l’anchois, la sardine, le tassergal et le thon blanc constituent de bonnes sources d’acides gras oméga-3. La consommation recommandée de poisson varie de une à deux portions par semaine.

Les fruits et légumes

La consommation d’au moins quatre portions de légumes par jour, notamment des légumes de la famille des crucifères (brocoli, chou-fleur et chou de Bruxelles) est raisonnable et saine, si l’on veut prévenir ou ralentir la progression de la maladie. Le fructose (sucre naturel des fruits) semble déclencher la production d’une certaine forme de vitamine D (voir plus loin). Cette dernière joue un rôle dans la diminution des risques de cancer avancé de la prostate. Ainsi, la consommation de fruits et de légumes ne présente aucun risque et peut être potentiellement bénéfique.

Le thé vert

Le thé vert contient des antioxydants appelés « polyphénols ». L’un de ses composants possède des propriétés antioxydantes plus puissantes que les vitamines C et E. Des études ont démontré que la consommation de trois à dix tasses de thé vert par jour pourrait prévenir la formation d’une tumeur. Cependant, des recherches plus approfondies s’avèrent nécessaires.

Le lycopène

Un plus grand apport d’une substance appelée « lycopène » – un antioxydant présent dans des produits comme la tomate, le melon d’eau et la goyave – semble lié à la diminution des risques de cancer de la prostate. Toutefois, on comprend encore mal les mécanismes qui permettent au lycopène d’exercer un effet protecteur contre le cancer de la prostate. Certaines études ont associé l’apparition du cancer de la prostate à une faible consommation de fruits et de légumes frais en général. On recommande de prendre une dose de 30 à 60 milligrammes (mg) de lycopène par jour.

Exemples :
 1 goyave de taille moyenne ou 2 c/tab de ketchup – 5 mg
1 pamplemousse rose ou rouge – 2 mg
 Sauce spaghetti, sauce aux tomates – 20 mg
 Tomates hachées – 3 mg; deux tranches moyennes – 1 mg
 jus de tomate, 8 oz – 22 mg
 pâte de tomate, 2 c/tab – 10 mg
 soupe aux tomates, 1 tasse ou boîte de tomates coupées en dés ou salsa aux tomates – 12 mg
V8, jus de légume 100 %, 8 oz – 17 mg
 melon d’eau, 1 tasse – 8 mg

Acides gras oméga-3

Un grand nombre de chercheurs ont étudié la relation entre les matières grasses et le cancer de la prostate. Ces acides gras jouent un rôle important dans la préservation d’une prostate saine et dans la régénération des tissus. On en trouve dans le poisson et les légumes verts à feuilles, le tofu, les noix, l’huile de colza et l’huile de lin. Les acides gras sont les composantes des matières grasses, mais de nombreuses études à leur sujet donnent des résultats contradictoires. Selon une étude, les acides gras oméga-3 inhiberaient la croissance du cancer. D’après une autre étude, ces acides augmenteraient la croissance du cancer! Des recherches supplémentaires s’avèrent nécessaires. On recommande donc d’éviter l’ajout de tout type de matières grasses.

Graisses saturées et protéines de soya

Des études de population indiquent que chez les Asiatiques, le risque de développer un cancer de la prostate est de 2 %. Cependant, lorsqu’ils déménagent en Occident, les risques encourus par la génération suivante grimpent à 10 %. L’une des raisons invoquées : la quantité de matières grasses dans les mets occidentaux. Selon d’autres études, il existe un lien entre les régimes riches en viandes rouges et l’augmentation de risque du cancer de la prostate. Ainsi en 2002, des chercheurs de la John Hopkins University de Baltimore ont constaté qu’un gène impliqué dans la digestion de la viande rouge est également très actif dans les cellules extraites des tumeurs du cancer de la prostate. Selon une récente étude internationale publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, la consommation de matières grasses se trouve en corrélation directe avec l’augmentation du taux de cancer de la prostate.

Des essais cliniques sont en cours pour évaluer les effets d’un régime hypolipidique (faible en gras) et d’un régime riche en soya sur la progression du cancer de la prostate. Le soya contient des antioxydants, nommés polyphénols, susceptibles d’inhiber la croissance des tumeurs. Ainsi, on recommande de limiter la consommation de matières grasses et de consommer de 35 à 40 grammes (g) de protéines de soya par jour (fromage de soya, fèves de soya, lait de soya, noix de soya, protéines de soya en poudre, yogourt au soya, tempeh, tofu, céréales de soya et substituts de viande). On conseille également de réduire ou d’éliminer la viande rouge des menus. Idéalement, seulement 15 % des calories ingérées par jour devraient provenir de matières grasses.

Sélénium

Le sélénium est un oligo-élément qui est un composant d’enzymes impliquées dans la protection antioxydante et dans le métabolisme des hormones thyroïdiennes. Il semblerait que le sélénium puisse ralentir le processus de vieillissement et stimuler le système immunitaire. Au moins deux études suggèrent qu’un apport supplémentaire de cette substance dans le régime alimentaire peut diminuer les risques de cancer de la prostate. En outre, le vieillissement chez l’homme produit une diminution du taux de sélénium et une augmentation du taux de cancer de la prostate. Des taux plus élevés de sélénium ont également été associés à une diminution des risques (environ 50 %) de développer un cancer avancé de la prostate. On trouve du sélénium dans la levure de bière, le germe de blé, le foie de poulet, les noix et les germes, la morue, le thon, le hareng, les crevettes et les huîtres. Les noix du Brésil peuvent avoir une concentration relativement élevée de sélénium (839 microgrammes), mais elles sont riches en calories et en gras. Un régime alimentaire sain contient 70 microgrammes de sélénium par jour.

Exemples : 
3 oz de morue –40 microgrammes (mcg)
 3 oz de thon – 69 mcg
 4 oz de crevettes – 45 mcg
, ne dépassez pas 200 mcg par jour. Des doses plus élevées peuvent être toxiques. La liste a été établie conformément au contenu de la section du lycopène figurant ci-dessus.


Suggestions

Un maximum de 15 à 20 % de votre consommation de calories peut provenir de matières grasses.
 Faites cuire vos légumes à la vapeur et faites rôtir le poisson et la volaille ou encore faites-les cuire sur le gril, plutôt que de les faire frire.
 Mangez de une à deux portions de poisson frais par semaine.
 Mangez des fruits et des légumes frais.
 Utilisez des herbes, de l’ail, des oignons et des épices plutôt que du beurre, du sel ou des sauces riches en matières grasses.
 Réduisez ou éliminez votre consommation de viandes rouges.