Tout sur la biopsie

Mains de chercheurs en action à la Biobanque PROCURE du cancer de la prostate

C’est quoi

Tout savoir sur la biopsie

illustration  biopsie pour surveillance active cancer prostate

Même s’ils sont très utiles, le toucher rectal et les différents dosages de l’APS ne suffisent pas pour diagnostiquer un cancer de la prostate. En présence de résultats anormaux ou en cas de doute, le médecin peut prescrire une échographie transrectale accompagnée d’une biopsie. Ces examens permettent habituellement de poser un diagnostic précis.

Pourquoi

Des anomalies détectées lors d’un toucher rectal et un taux d’APS élevé mènent souvent à une biopsie de la prostate. Celle-ci consiste à prélever des petits morceaux de tissu prostatique afin qu’un pathologiste puisse les examiner au microscope et déterminer si le cancer est présent ou non. Advenant l’existence d’un cancer, la pathologiste utilise ces mêmes échantillons pour déterminer le score de Gleason.

Comment

Une biopsie de la prostate s’exécute très souvent au cours d’une échographie transrectale (biopsie transrectale). Les images tirées de l’échographie permettent de guider une fine aiguille vers les zones choisies pour les prélèvements. L’aiguille, fixée à la sonde et activée par un mécanisme à ressort, pénètre dans la prostate en traversant le rectum. On recueille généralement entre 6 et 12 échantillons (parfois plus) de tissu prostatique et l’ensemble de la procédure dure environ 10 minutes. Une anesthésie locale peut être utilisée pour engourdir la région et limiter la douleur.

Avantages et désavantages

Avantages

  • La biopsie est le moyen le plus efficace d’établir si vous avez le cancer et de juger de son agressivité, c’est-à-dire de la probabilité de voir votre cancer grossir et se propager.
  • La biopsie aide au choix du traitement approprié.
  • La biopsie permet de déceler le cancer à un stade précoce de son développement, ce qui augmente les chances qu’un traitement adéquat empêche votre cancer de se propager ailleurs dans votre corps.

Inconvénients

  • La biopsie permet de déceler un cancer seulement s’il se trouve dans les échantillons prélevés. Lors des prélèvements, l’aiguille à biopsie peut manquer les zones cancéreuses de la prostate. Un résultat normal à une biopsie n’exclut donc pas totalement la présence d’un cancer.
  • La biopsie permet de déceler un cancer non agressif à évolution lente qui pourrait ne pas vous occasionner de problème pour le reste de votre vie. Dans ce cas, vous devrez prendre la décision entre suivre un traitement malgré tout ou simplement surveiller votre cancer de près.
  • La biopsie présente certains effets indésirables

Effets indésirables

Saignements

Du sang peut être visible dans vos selles quelques jours après une biopsie transrectale. Pendant quelques semaines, il vous sera aussi possible de noter du sang d’apparence rouge ou brune dans votre urine et votre sperme. Ces légers saignements sont normaux. Par contre, s’ils sont importants, s’ils s’aggravent ou encore si vous observez une quantité abondante de sang épais et coagulé dans vos selles, communiquez avec votre médecin ou rendez-vous immédiatement à un service d’urgence.

Douleur

Pendant quelques jours, il se peut que vous éprouviez de la douleur ou un inconfort dans la région de la biopsie. On pourrait vous prescrire des médicaments contre la douleur si vous en sentez la nécessité.

Infection

Il existe un faible risque d’infection après une biopsie. Des bactéries peuvent être transportées dans la prostate par l’aiguille à biopsie. Pour réduire les risques d’infection, des antibiotiques peuvent vous être prescrits avant et après l’intervention. Toutefois, de la fièvre, des frissons et une sensation de douleur ou de brûlure en urinant sont les signes d’une infection, et ce, même si vous prenez des antibiotiques. Si vous présentez ces symptômes, communiquez avec votre médecin ou rendez-vous immédiatement à un service d’urgence.

Rétention urinaire

Il s’agit de l’incapacité à uriner malgré une vessie pleine. Seul un faible pourcentage d’hommes en est atteint à la suite d’une biopsie de la prostate. Cependant, si vous souffrez de rétention urinaire, communiquez avec votre médecin ou rendez-vous immédiatement à un service d’urgence.

Précautions

Si vous êtes homosexuel ou bisexuel, soyez prudent lors de vos rapports sexuels. Il est préférable d’attendre six semaines après une biopsie transrectale avant de recevoir une pénétration anale.

Résultats

Il faut compter environ deux semaines avant d’obtenir les résultats d’une biopsie. Le pathologiste doit observer vos échantillons au microscope et produire un rapport d’analyse.

Présence de cancer

Si le pathologiste détecte des zones cancéreuses dans vos échantillons, il en évaluera la gravité en leur attribuant un score de Gleason. Avec votre urologue, vous discuterez alors des traitements possibles. Des examens complémentaires pourront aussi vous être suggérés afin de caractériser davantage votre cancer.

Absence de cancer

Le fait que le pathologiste ne détecte pas de cancer dans vos échantillons peut être rassurant. Il demeure cependant possible que l’aiguille à biopsie ait manqué les zones cancéreuses de votre prostate et que le cancer existe tout de même. Si votre urologue suspecte la présence d’un cancer, il pourrait vous suggérer de subir une deuxième biopsie transrectale ou encore un autre type de biopsie de la prostate. Sinon, un suivi régulier de votre prostate pourrait être la voie à privilégier (test de l’APS, toucher rectal, imagerie par résonance magnétique).

Autres types de biopsie de la prostate.

Bien que la biopsie transrectale de la prostate soit la plus commune, il existe d’autres types de biopsies auxquelles votre urologue pourrait avoir recours.

Biopsie transpérinéale

Pratiquée sous anesthésie locale ou générale, cette biopsie consiste à prélever des échantillons de la prostate en passant une aiguille à travers la peau du périnée (région située entre les testicules et le rectum). Comme cette procédure permet l’analyse d’une plus grande quantité de tissu que la biopsie transrectale, votre urologue pourrait y recourir s’il soupçonne la présence d’un cancer malgré une biopsie transrectale négative.

Biopsie transurétrale

Pratiquée sous anesthésie locale ou générale, cette biopsie consiste à prélever des échantillons de la prostate en passant par l’urètre (canal qui va du pénis à la vessie). Pour ce faire, l’urologue insère dans le pénis un tube mince muni d’une caméra (cystoscope) dans lequel il glisse un outil chirurgical permettant le prélèvement.

Tests complémentaires

Si la biopsie confirme la présence d’un cancer, il peut être nécessaire d’effectuer d’autres examens afin de déterminer si les cellules cancéreuses se sont propagées ailleurs dans l’organisme. Ces examens complémentaires concernent surtout les hommes qui présentent des signes particulièrement graves, comme une induration ou une bosse étendue dans la prostate, un dosage élevé de l’APS ou une biopsie de la prostate qui révèle la présence d’un cancer agressif. Certains de ces examens aideront à la caractérisation et à la stadification de votre cancer.

Formule sanguine complète

Ce test, réalisé à partir d’une prise de sang, ne permet pas de stadifier le cancer, mais sert plutôt à évaluer votre état de santé général en vérifiant le nombre et la qualité de vos cellules sanguines (globules rouges, globules blancs, plaquettes). La formule sanguine complète permet, entre autres, de détecter la présence d’une infection ou d’une anémie qui pourrait avoir un impact sur votre traitement.

Analyses biochimiques sanguines

Ces analyses permettent de mesurer la concentration de nombreuses substances chimiques dans le sang. Ces substances sont le reflet du fonctionnement des organes de votre corps et peuvent servir à la détection d’un tissu endommagé ou d’une anomalie particulière. Les substances suivantes peuvent aider à stadifier un cancer de la prostate

Azote uréique et créatinine – Ces deux substances sont normalement filtrées par les reins et évacuées dans l’urine. Un taux sanguin élevé suggère une fonction rénale anormale ou inefficace. Dans ce cas, il est possible que la prostate nuise à l’évacuation de l’urine et par le fait même à l’activité des reins.

Phosphatase alcaline et calcium – Un taux élevé de ces substances peut indiquer la présence de métastases osseuses, donc que votre cancer s’est propagé aux os.

Scintigraphie osseuse

Pourquoi

La scintigraphie osseuse est une technique d’imagerie qui sert à déceler la présence de cellules cancéreuses dans les os, c’est-à-dire là où le cancer de la prostate se propage le plus souvent. Votre urologue vous recommandera généralement une scintigraphie osseuse si votre taux sanguin de phosphatase alcaline ou de calcium est élevé ou si vous ressentez des douleurs aux os.

Comment

Une petite quantité de substance radioactive (traceur) sera tout d’abord injectée dans votre sang. Après un temps d’attente de deux à trois heures, temps nécessaire pour que le traceur se fixe à vos os et pendant lequel vous devrez boire beaucoup de liquide, on procédera à la scintigraphie qui elle dure de 30 à 45 minutes. Pendant la scintigraphie, vous serez couché sur une table d’examen et une caméra prendra des images de votre corps en se déplaçant lentement autour de vous sans vous toucher.

Résultats

Si les images montrent que le traceur radioactif s’est fixé uniformément à tous vos os, on dira que les résultats sont normaux. Par contre, si le cancer de la prostate s’est propagé dans les os, on constatera le plus souvent des foyers révélateurs (zones plus foncées) le long de la colonne vertébrale, des côtes ou des os longs.

Tomodensitométrie

Pourquoi

La tomodensitométrie (TDM), souvent appelée scanographie ou scan, se définit comme une tomographie axiale commandée par ordinateur (TACO). Elle correspond à une forme de radiographie informatisée (rayons X), qui permet de réaliser une image en trois dimensions des organes internes de votre corps. Comme le cancer de la prostate se propage souvent aux ganglions lymphatiques pelviens, votre urologue s’intéressera particulièrement à ces petits organes du système immunitaire et cherchera à savoir si le cancer s’y est logé. La TDM peut aussi s’employer avant un traitement par radiothérapie pour connaître les dimensions exactes de la prostate.

Comment

Pour une TDM, vous devrez probablement être à jeun depuis quelques heures (ni solide ni liquide). Sur place, on vous injectera un colorant non radioactif qui permettra de mieux distinguer vos organes internes. Au cours de la procédure, qui dure environ 20 minutes, vous serez allongé, immobile, sur une plateforme qui se déplacera lentement au travers d’un appareil en forme de beigne. Une caméra située à l’intérieur de l’anneau de l’appareil prendra une série d’images tout autour de votre corps sans jamais vous toucher. De temps à autre, on pourrait vous demander de retenir votre souffle afin de permettre la prise d’images claires. À la toute fin, un logiciel assemblera toutes les images en une image tridimensionnelle de la région explorée.

Résultats

À partir des images recueillies, votre urologue pourra voir la forme et la taille de votre prostate et juger, entre autres, de l’efficacité d’un traitement. De plus, des ganglions lymphatiques plus gros que la normale peuvent indiquer qu’ils sont atteints et que des métastases s’y sont logées. Le choix du traitement pourrait en être affecté, mais d’autres examens pourraient s’avérer nécessaires.

Imagerie par résonance magnétique

Pourquoi

Souvent plus précise que la tomodensitométrie, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) emploie des forces magnétiques et des ondes radioélectriques (plutôt que des rayons X) pour réaliser une image en trois dimensions des organes internes de votre corps. L’IRM permet donc de voir si le cancer de la prostate s’est étendu dans d’autres tissus tels que les os, les ganglions lymphatiques et les vésicules séminales. L’IRM peut aussi être utilisée pour planifier un traitement, évaluer l’efficacité d’un traitement ou suivre l’évolution du cancer.

Comment

Avant de commencer la procédure, qui durera environ une heure, on pourrait vous injecter un produit de contraste (non radioactif) afin d’améliorer la qualité des images. Lors de l’IRM, vous serez allongé, immobile, sur une table d’examen qui glissera lentement à l’intérieur d’un appareil en forme de beigne ou de tunnel. Avertissez votre urologue si vous souffrez de claustrophobie. De temps à autre, on pourrait vous demander de retenir votre souffle afin de permettre la prise d’images claires. À la toute fin, un logiciel assemblera toutes les images en une image tridimensionnelle de la région explorée.

Résultats

À partir des images recueillies, votre urologue pourra voir la forme et la taille de votre prostate et juger, entre autres, de l’efficacité d’un traitement. Il pourra aussi savoir si votre cancer s’est propagé au-delà de la prostate. Le choix du traitement pourrait en être affecté.

Curage ganglionnaire pelvien

Pourquoi

Le curage ganglionnaire pelvien est une procédure chirurgicale qui consiste à prélever des échantillons des ganglions lymphatiques pelviens afin de déterminer si le cancer de la prostate s’y est propagé.

Comment

Le curage ganglionnaire, réalisé sous anesthésie générale, peut être exécuté en même temps que la prostatectomie radicale (chirurgie d’ablation de la prostate) ou lors d’une opération distincte. Dans ce dernier cas, on procédera soit par ouverture chirurgicale de l’abdomen, soit par laparoscopie (introduction d’une caméra et des instruments par de petits orifices pratiqués dans l’abdomen).

Résultats

La présence de cellules cancéreuses dans les ganglions lymphatiques pelviens indique que votre cancer s’est étendu au-delà de votre prostate. Le choix du traitement pourrait en être affecté.

Questions à mon médecin

Voici une liste de questions que vous pouvez poser à votre médecin et votre équipe de professionnels de la santé au sujet des façons de diagnostiquer le cancer.

Suite…

Quels tests sont nécessaires pour détecter un cancer ? Comment se déroulent-ils ?

Devrez-vous pratiquer une biopsie ?

Quand les tests seront-ils prévus ? Y a-t-il une liste d’attente ?

Qui prend les arrangements ou les rendez-vous pour les tests ?

Est-ce possible d’être accompagné d’un aidant (conjoint, parent ou ami par exemple) lors des tests ?

À quel endroit les tests seront-ils faits ?

L’intervention sera-t-elle pratiquée sous hospitalisation ou en clinique externe ?

Un anesthésique ou un sédatif sera-t-il administré ? Si oui, de quel type s’agit-il ?

Une préparation est-elle nécessaire avant les tests ?

Combien de temps les tests dureront-ils ?

Les tests engendrent-ils des effets secondaires ? L’intervention est-elle douloureuse ?

Les tests engendrent-ils des risques ? Lesquels ?

Y a-t-il des directives particulières à suivre après les tests ?

Faut-il être raccompagné à la maison après les tests ?

Combien de temps faut-il attendre pour avoir les résultats des tests ?

Qui expliquera les résultats des tests ?

Est-ce possible d’avoir une copie des résultats des tests ?

Que va-t-il se passer si les résultats sont anormaux ?

Quels autres tests devront être faits ? Pourquoi ?

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