Nouvelles de PROCURE

juin 21, 2018

Bientôt un diagnostic par simple prise de sang?

Diagnostiquer le cancer de la prostate par une simple prise de sang : c’est le projet sur lequel travaille la docteure Catherine Alix-Panabières et une équipe de chercheurs européens au CHU de Montpellier. Une méthode qui se voudrait plus fiable et moins invasive que le diagnostic par une biopsie de tissus de la prostate.

Avec 12 hommes qui reçoivent un diagnostic tous les jours au Québec et près de 900 décès estimés en 2017, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les hommes de plus de 50 ans.

Aujourd’hui, ce cancer masculin est encore diagnostiqué principalement par une biopsie de tissus réalisée par voie transrectale. Une méthode invasive et inconfortable pour le patient qui est loin d’être parfaitement efficace : outre les risques d'infections parfois associés à cette procédure, la biopsie passe quelquefois à côté de cellules tumorales (cancéreuses) agressives.

Une équipe de chercheurs européens pilotée par la Française Catherine Alix-Panabières prévoit d’en finir avec cette méthode invasive de diagnostic du cancer de la prostate. Au CHU de Montpellier, elle planche sur un diagnostic réalisable par simple prise de sang, soit la biopsie liquide.

Qu’est-ce qu’une biopsie liquide?

Une biopsie liquide est une recherche de signes de cancer dans un liquide corporel, la plupart du temps dans le sang, mais parfois aussi dans l’urine, la salive, le sperme ou un autre liquide.

Ces dernières années, les recherches sur la biopsie liquide ont été fructueuses. Bien qu’elle ne soit pas encore utilisée couramment pour le diagnostic du cancer, la biopsie liquide commence à l’être pour deux raisons chez des patients qui ont déjà reçu un diagnostic de cancer : surveiller si la tumeur est en régression ou en croissance et analyser le matériel génétique de la tumeur.

Un diagnostic plus fiable et moins invasif que la biopsie par voie transrectale

D’après la Dre Catherine Alix-Panabières, cette biopsie liquide réalisée par prélèvement sanguin, présente de nombreux avantages. Moins invasive que la biopsie traditionnelle, elle permettrait de combiner plusieurs marqueurs du cancer de la prostate: les cellules tumorales circulantes, l’ADN tumoral circulant et les exosomes.

Les cellules tumorales circulantes (CTC): Lorsqu’une tumeur grossit, elle libère des cellules entières qui entrent dans la circulation sanguine et vont partout dans le corps. Ce sont des cellules tumorales circulantes (CTC), qui sont décelables dans un échantillon de sang et indiquent qu’un cancer est présent.

L’ADN tumoral circulant (ADNtc): Lorsque des cellules cancéreuses meurent, elles libèrent dans le sang des fragments de leur matériel génétique appelés ADN tumoral circulant (ADNtc). Ces fragments d’ADN cancéreux sont décelables avec des techniques spécialisées, avertissent les chercheurs de la présence d’un cancer et donne de précieux renseignements sur la tumeur.

Les exosomes: Ce sont des vésicules microscopiques (portion de cellules cancéreuses) qui s’échappent et circulent dans le sang. Les exosomes du cancer de la prostate jouent un rôle important dans la croissance des cellules cancéreuses et la progression de la maladie.

Pour les médecins et chercheurs, les biomarqueurs circulants offrent aussi la possibilité de préciser le pronostic d’un cancer ou de déceler rapidement une résistance à un traitement, voire une rechute avant que celle-ci soit visible cliniquement.

Pour la spécialiste, cette méthode permettra d’obtenir un diagnostic aussi fiable, voire plus fiable que celui réalisé grâce à la biopsie standard.

« L’objectif, c’est aussi de personnaliser le traitement, de donner le bon traitement à la bonne personne au bon moment. C’est une médecine de précision », poursuit l’enseignante-chercheuse, qui a vu ses travaux être subventionnés afin de mener une étude clinique auprès de 1 000 patients.

Références

Cancer de la prostate : bientôt un dépistage par simple prise de sang

Société canadienne du cancer

Prostate cancer exosomes as modulators of the tumor microenvironment 

Alex P. Shephard*, Vincent Yeung*, Aled Clayton, Jason P. Webber

J Cancer Metastasis Treat 2017;3:288-301.  | https://doi.org/10.20517/2394-4722.2017.32 | © The Author(s) 2017

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